Interview avec Anaïs Roman, professeur FLE en 2008-2009, au Collège National « Horea, Cloşca et Crişan » d’Alba Iulia
Réalisée par les élèves de la IX-èmeF, classe de bilingue français
Nous: Considérez-vous que les élèves ont progressé en français cette année?
Anaïs: Votre classe a fait des progrès depuis le début. Malgré que nous n’ayons qu’une heure par semaine, cela n’a pas empêcher la progression. Mon conseil pour les timides est qu’ils essaient de vaincre la timidité ,car c’est à partir des fautes qu’on apprend. Donc, ne soyez pas timides!
Nous: Qu’est-ce qui vous a déterminée à choisir la Roumanie pour enseigner le français?
Anaïs: Je trouve que c’est un bon projet politique initié par l’UE. Je voulais mieux connaître la Roumanie surtout à cause des idées fausses que les Français avaient sur votre pays. En fait, entre la Roumanie et la France ont toujours existé de bonnes relations culturelles, d’échange vrai. Il y a de nombreux artistes roumains connus en France comme Eugène Ionesco, auteur dramatique, inventeur du théâtre de l’absurde, mais aussi Brancusi, grand sculpteur roumain. Au XIX-ème siècle, Napoléon III était favorable à la consolidation de l’Etat roumain. En plus, la Roumanie est un pays qui maintient la langue française dans les écoles.
Nous: Choisiriez-vous encore une fois la Roumanie pour répéter cette expérience ou vous allez choisir un autre pays?
Anaïs: Pour le moment je vais rentrer en France afin de passer plus de temps avec ma famille. J’ai passé deux ans et demi en Afrique et maintenant presque un an en Roumanie, donc cela fait beaucoup de temps passé à l’étranger. Bien sûr, je voyagerai encore à l’avenir , mais pour l’instant je prends une pause.
Nous: Comment vous avez trouvé la ville d’Alba Iulia?
Anaïs: Au début, je trouvais que c’était une petite ville, sûrement aussi parce que je viens de Lyon, une grande ville de France. Mais j’ai fini par m’habituer et même par apprécier le calme et les plantes que l’on voit presque partout. C’est une belle ville aussi pour mon fils parce qu’il y a un grand parc. La seule chose qui m’a manqué c’est un bar où on peut écouter la musique d’un orchestre.
Nous: Est-ce que vous vous êtes attachée particulièrement à une classe d’élèves? Laquelle?
Anaïs:. On dit que les professeurs doivent être objectifs. En ce qui me concerne, j’ai aimé toutes les classes. Je pense que chaque élève, à qui on prend la peine de le connaître individuellement, est intéressant.
Nous: Qu’est-ce que vous avez visité en Roumanie?
Anaïs: J’ai visité la ville de Sibiu, qui a été la capitale culturelle en 2007 et qui est aussi une belle ville. J’ai visité Cluj, Timişoara, Braşov, mais j’ai aussi été à la campagne. Pour mes réunions de travail, j’ai dû me rendre à Bucarest. Malheureusement, je n’ai pas eu le temps de voir le fameux château de Bran, mieux connu comme le château de Dracula, mais j’ai vu celui de Peleş qui est superbe !
Nous: Comment vous- êtes vous adaptée aux conditions de vie de Roumanie?
Anaïs: Au début c’était difficile, car je ne parlais pas le roumain. Alba Iulia est différente des villes françaises dans la façon de vivre. Le rythme de vie est plus rapide en France qu’ici où les liens familiaux sont plus forts. J’ai trouvé les élèves de la Roumanie très modernes, les filles s’habillent de manière très féminine, même sexy. Leurs formes sont assez bien mises en valeur, je veux dire. J’ai trouvé les gens très accueillants.
Nous: Connaisez-vous des mots roumains? Pouvez-vous en citer quelques-uns?
Anaïs: Oui, j’ai été obligée d’apprendre pour pouvoir faire mes courses. Je sais dire: « Mulţumesc », « Ce faci ? », « Bună ziua », « Soţul meu », « copilul meu », « gradiniţa, « frumos », « unt », « cartofi », « morcovi », « brocoli ». J’ai appris les légumes parce que je faisais le marché.
Nous: Quel pays voudriez-vous visiter à l’avenir?
Anaïs: Madagascar, car c’est une ancienne communauté française. Un pays exotique, extrêmement beau. D’ailleurs mon mari est d’origine malgache, il a de la famille là-bas !
Nous: Avez-vous un plat préfèré de la gastronomie roumaine?
Anaïs: J’aime la « mamaliga » avec du fromage, le « telemea ». Je ne sais pas comment elle est préparée , mais j’ai la recette et je vais essayer de la cuisiner moi aussi, en France.
Nous: Y a- t- il des différences entre les élèves roumains et les élèves français de notre âge à l’école?
Anaïs: Ils ne sont pas très différents dans leur comportement ,mais dans les lieux. Certains sont sérieux et travaillent, d’autres non. En ce qui concerne les vêtements, les Roumaines sont féminines, en France, les filles commencent à être élégantes elles aussi. Certaines filles en France portent des vêtements trop sexy. Les directeurs de certains collèges commencent à se demander s’ils ne devraient pas imposer l’uniforme. En France il y a aussi beaucoup de mélanges de cultures. Il y a des gens colorés, des Arabes et des Africains. Des filles viennent voilées à l’école et des problèmes ont été créés, comme qu’elles ne voulaient pas se déshabiller pour les cours de gymnastique. C’est pour cela qu’elles n’ont le droit de porter qu’un châle.
Nous: Allez-vous faire une recommandation sur cette expérience à quelqu’un?
Anaïs: Oui, parce que la Roumanie est un pays peu connu et qu’il a des paysages superbes. Les Roumains sont aussi très différents de ce que l’on dit d’eux à la télévision en France. Je vais donc faire des recommandations à des amis et aux enseignants, car il a des lycées bilingues de français en Roumanie et que ce serait un expérience intéressante pour un enseignant français de venir ici pour faire un stage.
Nous : Merci beaucoup, Madame le professeur pour votre amabilité d’accepter cette interview avec notre classe. Nous vous souhaitons bonne continuation dans votre travail de professeur et bon retour en France !
Anaïs Roman : Merci moi aussi et je vous encourage à apprendre le français !
Nous : Accepteriez-vous à faire quelques photos avec nous ? Nous allons les poster sur le blog de l’école.
Anaïs Roman : Bien sûr, avec grand plaisir !